Au Burkina Faso, les feux de brousse font partie des principaux problèmes environnementaux. Des mécanismes de prévention et de lutte contre le phénomène sont mis en place avec la participation des populations pour surveiller les forêts protégées, mais cette surveillance ne couvre pas toutes les aires, faute de moyens financiers.

Grâce aux équipes sur le terrain, l’Observatoire national du développement durable fait une cartographie des zones touchées par le phénomène du feu de brousse. Plus de deux millions d’hectares sont touchés en moyenne chaque année au Burkina Faso par les feux de brousse, selon Norbert Sidibé, directeur de l’Observatoire. « Sur les 13 régions du Burkina, il y en a jusqu’à huit qui sont touchées par ce phénomène, dont six principalement », affirme-t-il.

Ces feux de brousse ont diverses origines. Braconnage, éleveurs ou agriculteurs sont les principaux responsables des départs de feu, selon les enquêtes de l’observatoire national du développement durable. « Nous avons principalement les activités des chasses, les activités pour la régénération des pâturages. Il y a aussi la coutume annuelle de faire le passage de feu », explique Norbert Sidibé.

► À écouter aussi : Une expérience d’éducation à l’alimentation au Burkina Faso Forestier aménagiste spécialisé en système d’information géographie et de télédétection, Basile Adouabou s’inquiète des conséquences des feux de brousse sur la dégradation des sols, et de la destruction des certaines espèces animales et végétales. « Maintenant vous avez les feux tardifs qui sont mis généralement à partir du mois de janvier. Cette période coïncide également à la période où beaucoup d’espèces ligneuses sont en début de floraison. Donc du coup, cela peut avoir un impact sur la production de ces espèces. Il y a au niveau du sol toute la micro-flore et la micro-faune qui est impactée. On constate donc une dégradation des terres, ce qui joue effectivement sur la productivité agricole. »

Sensibilisation et prévention

En plus de la sensibilisation des populations, un mécanisme de prévention et de lutte contre les feux de brousse est en place, selon le forestier Basile Adouabou. « Ces populations sont organisées à réagir face au phénomène, justement. On prévoit la mise en place de par-feu, et on prévoit également la mise des feux de gestion qui sont des feux précoces ».

Le Burkina dispose d’environ 72 aires protégées riches en biodiversité. Pour assurer leur surveillance, l’État débloque environ une cinquantaine de millions de francs CFA chaque année. « Pour ce qui est des zones où nous avons des dispositifs bien mis en place, cela se chiffre aux alentours de deux à trois millions », explique Norbert Sidibé. Puis d’ajouter : « À cela il faut bien sûr essayer de voir que l’estimation de tout ce qui est fait en termes de formation, à l’endroit de nos populations, si c’est dans l’année, si l’on multiplie... », précise-t-il.

Une somme en deçà des attentes, au regard de la dégradation continue de la biodiversité suite aux feux de brousse.