Quatrième volet de notre série d’Afrique Économie qui s’intéresse aux objectifs d’une association qui rassemble plusieurs centaines de producteurs de cacao dans la région de Sinfra, au centre de la Côte d’Ivoire. On s’intéresse cette fois à l’action des femmes, qui travaillent rarement dans les plantations. Depuis quelques années, elles se regroupent en associations, au niveau des villages ou de quelques campements.

À Djibofla, les femmes des producteurs de cacao ont créé une association, que préside Alima Paré. « C’est pour aider nos maris et nos enfants, plus la cantine à l’école, explique-t-elle. Nous avons eu un terrain de 2 hectares. Nous y faisons pousser un peu de tout. Lorsqu'on constate que les maris ont des difficultés pour faire partir les enfants à l’école, les quelques revenus que nous avons participent à faire partir nos enfants à l’école, pour que demain ils deviennent fonctionnaires et puissent nous aider aussi. »

Créée en 2016, l’association de Djibofla compte aujourd’hui près d’une centaine de femmes. Avec les revenus générés par leurs productions de cultures vivrières, elle participe en partie à l’approvisionnement de la cantine scolaire. « L’année dernière, nous avons donné un sac de riz de 50 kg, 10 litres d’huile, une grosse caisse de tomates, 2 paquets de [sauce] Maggi et un paquet de sel. » 

C’est le même schéma dans trois campements de Zongodougou, où Mariam Naby préside l’association des femmes. « Au début, certains de nos enfants allaient à l’école à Yaokro à 8 km d’ici, explique-t-elle. Leurs cahiers étaient abîmés quand il pleuvait. Depuis que Nestlé a construit une école à Zongodougou, il était nécessaire que nous les femmes, nous puissions venir en aide à nos enfants. D’où l’idée de cultiver certaines cultures qui nous procurent des revenus. »

Du riz, du manioc, du haricot niébé, du maïs, du poivre ou encore du gombo, des produits ne manquent pas sur le marché de Sinfra. Mais l’association des femmes de Zongodougou a une stratégie pour écouler sa production : « Nous faisons des stocks après la récolte et nous attendons que le marché ne soit plus saturé avant de vendre. »

Ces femmes de producteurs de cacao se retrouvent au moins une fois par semaine pour travailler dans les champs où elles font pousser les cultures vivrières. Après la récolte, elles consomment une partie de la production et s’organisent ensuite pour assurer la vente de l’autre partie. Mais les associations des femmes de Djibofla et de Zongodougou ne font pas encore partie des « Amazones de Sinfra », qui regroupent de plusieurs associations féminines de ce département. Les « Amazones de Sinfra » œuvrent pour la promotion de la femme aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine.