En Éthiopie, le gouvernement fédéral veut accélérer la croissance du secteur touristique. Mais le nombre de visiteurs est en baisse sur douze mois à 850 000 visiteurs. Un mauvais signe alors que les professionnels du secteur s’inquiètent du climat politique tendu. Vincent Dublange s'est rendu à Lalibela, l'un des principaux sites touristiques du pays.

L'endroit est appelé la Jérusalem de l'Afrique. À deux pas des églises creusées dans la roche voilà 800 ans, l'hôtel Tabor reprend la symbolique biblique. Mekonnen Abebe y est assistant manager.

« Nous sommes situés près des églises, on peut y aller à pieds. Il y a aussi des banques et distributeurs de billets non loin. »

Après sept mois d'existence, l'établissement trouve doucement ses marques. Il témoigne du changement de physionomie de cette petite ville.

Kassahun Abebu est guide : « Il y a quinze ans environ il n'y avait que deux ou trois hôtels mais aujourd'hui leur nombre explose. Ils créent des emplois, des transporteurs, des guides locaux travaillent pour eux, donc c'est l'activité économique majeure pour la population de la ville. »

Aujourd'hui deux à trois nouveaux hôtels sortent de terre chaque année selon un autre professionnel du secteur. La construction de l'aéroport il y a 20 ans a fait exploser le flux de touristes. Selon les chiffres officiels, près de 30 000 Éthiopiens et 45 000 étrangers sont venus voir le lieu sacré entre septembre 2018 et août 2019.

Moges Tefera travaille au bureau du tourisme : « Le nombre de touristes n'est pas aussi important qu'on pourrait l'espérer pour un Patrimoine mondial. »

Mariyé Beyene tient le magasin familial. En moyenne, la vente de vêtements traditionnels rapporte 150 euros par mois. « Nous étions les premiers à vendre ce genre de produit il y a deux ans mais aujourd'hui de nombreux magasins vendent des choses similaires donc on gagne moins d'argent. »

Le nombre de visiteurs n'augmente pas assez vite comparé au nombre d'hôtels, de magasin, de guides. Le responsable du bureau du tourisme de Lalibela voit un bel avenir même s'il reconnaît que certaines choses doivent s'améliorer.

Habtamu Tesfaw : « Les routes et les standards des hôtels doivent être améliorés. »

Le jeune vendeur, Mariyé, y ajoute deux doléances... « La première c'est que les églises de Lalibela soient restaurées. Et la seconde c'est que le pays soit en paix, ce sont les deux choses qui peuvent augmenter le flux de touristes. »

La ville semble épargnée mais plusieurs guides rapportent des difficultés à se rendre dans d'autres lieux touristiques d’Éthiopie.