Trois produits du terroir béninois viennent d’obtenir le label « IG », pour « Indication géographique » : l’ananas « pain de sucre », le Gari de Savalou et l’huile d’arachide d’Agonlin. Cette labellisation va permettre aux producteurs de gagner en visibilité, notamment sur le marché mondial.

Cela faisait dix ans que le Bénin travaillait à la labellisation des trésors de son terroir. Le Gari, semoule de manioc de la région de Savalou, les ananas « pains de sucre » du plateau d’Allada, et l’huile d’arachide de la région d’Agonlin, trois merveilles qui possèdent désormais une IG, une indication géographique.

Le docteur Euloge Vidégla est le maître d’œuvre de ce processus de labellisation. « L’indication géographique est un signe distinctif de qualité, un signe de qualité lié à l’origine, explique-t-il. Donc, cela veut dire que ces produits ont déjà une réputation, ils ont des liens avec un terroir et leur nom est lié à ce terroir. »

Pour labelliser une denrée, les producteurs doivent élaborer un cahier des charges conjointement avec l’État. Travail qui garantit le respect d’un savoir-faire et d’une qualité exceptionnelle. Ainsi les 500 producteurs d’ananas « pain de sucre » du plateau d’Allada, travaillent tous avec les mêmes méthodes. « Nous allons préserver l’héritage de nos parents, comme le savoir-faire. Et de plus, l’indication géographique est un moyen pour être présent sur les marchés mondiaux. Les IG apportent donc de la richesse au terroir. », estime Bernard Setondji Gbelidji, qui dirige un groupement de producteurs d’ananas.

Le marché des IG valorisé à plus de 50 milliards de dollars

Car l’enjeu est bien évidemment commercial. La labellisation est un gage de qualité sur les marchés mondiaux.  « Quand vous prenez le cas de l’ananas "pain de sucre" du Bénin, cet ananas a déjà une réputation dans plusieurs pays d’Europe. Nous allons renforcer cette réputation, nous allons essayer, avec ce signe distinctif, de conquérir d’autres marchés, de toucher d’autres consommateurs, afin d’avoir des devises, pour enrichir la balance commerciale de notre pays », annonce Euloge Vidégla.

L’organisation africaine de la propriété intellectuelle, l’OAPI, tente de diffuser à l’échelle du continent ces processus de labellisation. Car ils permettent de générer des plus-values importantes pour les producteurs. Ainsi l’ONU estime que le marché des produits possédant une indication géographique est valorisé dans le monde plus de 50 milliards de dollars.