Souvent soupçonnées d’être moins souples, les banques des pays la zone Franc d’Afrique de l’Ouest accompagnent aujourd’hui les mesures prises pour éviter les faillites des opérateurs économiques à cause de la crise sanitaire du Covid-19. Elles disent enregistrer tous les jours des demandes de moratoire sur les crédits, de la part d’entreprises et de particuliers en difficulté. Quelle contribution le secteur bancaire peut apporter pour faire face aux conséquences de la pandémie ? Comme ailleurs dans le monde, les pays d’Afrique de l’Ouest redoutent la disparition de beaucoup d’entreprises, particulièrement les PME et PMI.

Les activités économiques tournent au ralenti, mais le secteur bancaire reste opérationnel, comme en Côte d’Ivoire.

Daouda Coulibaly, président de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers, l’APBEF-CI. « L’ensemble des banques a décidé de laisser les agences ouverte et d’assurer le service, pour que nos clients puissent continuer de profiter des services bancaires. »

Le maintien de l’ouverture des guichets a nécessité une organisation particulière pour chaque banque, selon Habib Koné, directeur général de Atlantic Business International Holding, c’est le patron des filiales du groupe Banque Centrale Populaire du Maroc en Zone UEMOA et en Guinée, avec le réseau Banque Atlantique. « Notre participation aux plans de riposte contre le Covid-19 comporte plusieurs volets. Nous avons tout d’abord les mesures sanitaires pour la prévention de notre capital humain et la protection de nos clients. Nous avons un second point, c’est la participation au fonds Covid mis en place par les États. Le groupe BCP (Banque Centrale Populaire) a ainsi offert une enveloppe de 750 millions de francs CFA, afin de soutenir les Etats et les populations dans la zone UEMOA et en République de Guinée. »

Le réseau Banque Atlantique propose aussi de nouveaux services, initiés depuis le début de la crise sanitaire en cours.

En ce qui concerne la zone Franc d’Afrique de l’Ouest, la BCEAO a pris un certain nombre de mesures que les autres banques publiques et privées doivent appliquer. Daouda Coulibaly évoque certaines d’entre elles. « Le refinancement à un taux acceptable et en allégeant les conditions, permettre de mettre les liquidités à la disposition des agents économiques qui en ont besoin ; toujours en liaison avec la Banque centrale, il a été décidé de traiter au cas par cas ces entreprises qui éprouvent des difficultés liées à la pandémie, avec la restructuration de leurs crédits ou de leurs échéances, avec un report de trois mois renouvelable une fois. Donc six mois maximum. Nous nous organisons donc pour assurer la liquidité des entreprises, les accompagner en restructurant leurs crédits en cette période difficile, mais aussi en étant au côté de l’Etat, dans le cadre des différents plans qui ont été mis en place. »

D’après les témoignages recueillis, les banques de la zone UEMOA reçoivent régulièrement des demandes de report de paiement de crédits de la part des entreprises prises par la gorge par la crise sanitaire. Mais pas de craintes qu’une entreprise en profite alors qu’elle n’en a pas besoin, assure Daouda Coulibaly.« Nous savons bien sûr qu’il y aura beaucoup d’entreprises qui ne sont pas touchées, qui vont vouloir profiter de ce moratoire, mais c’est à nous d’être vigilants. »

Les entreprises de restauration, des loisirs, de l’hôtellerie et le secteur du tourisme en général sont les plus touchées par la crise de Covid-19. Et malgré les mesures de soutien des pouvoirs publics et celles de la BCEAO en zone UEMOA en vue de favoriser la disponibilité de liquidité de la part des banques, la survie de beaucoup de PME/PMI est sérieusement hypothéquée, selon l’agence de notation Bloomfield Investment Corporation.