La présence africaine au Salon international de l’Agriculture qui se tient cette année du 22 février au 1er mars. Des pays habitués du salon se retrouvent dans le pavillon international : la Côte d’Ivoire, le Mali, le Maroc ou encore le Sénégal sont des habitués. Localisé dans un des pavillons France, un stand – Digital Africa – est dédié aux innovations, notamment numériques, pour le développement en Afrique.

Architecte et consultant en informatique, Bertrand Foffe a lancé, il y a 3 ans, un projet qui a pour objectif de régler la problématique des pertes post-récoltes en Afrique, où environ 40% de la production est perdue. Installé aux Pays-Bas, Bertrand Foffe s’est d’abord intéressé au Cameroun, son pays d’origine.

« Nous avons identifié la chaîne de valeur agricole au Cameroun et nous avons constaté qu’il y a des éléments. Si vous prenez la production, la post-production et le marketing, il y a des entreprises sur place qui font déjà des choses. Mais il manque l’interconnexion de ces différentes entreprises. C’est la raison pour laquelle on a créé une plateforme qui permet à tous les acteurs de la chaîne de valeur de s’interconnecter. »

La plateforme jangolo.cm permet aussi la mise en contact entre producteurs camerounais et acheteurs européens, notamment français. Et même si les Africains qui vivent en zone rurale sont moins équipés en outils numériques, au niveau de chaque coopérative, il y a au moins une personne qui a un téléphone connecté. Et cela permet aux producteurs, par exemple de banane plantain, de pouvoir vendre au plus offrant.

« Notre plateforme permet à l’agriculteur qui produit de la banane plantain, de trouver la liste des acheteurs de du plantain sur la plateforme jangolo.cm et de pouvoir les contacter. Et on donne aussi la possibilité aux particuliers, par exemple celui qui a un évènement pour lequel il aura besoin de beaucoup de plantains, de pouvoir localiser les producteurs de plantains et s’y rendre directement pour s’approvisionner. »

Ingénieur agricole, Flavien Kouatcha a fondé il y a 3 ans « Save our Agriculture », une jeune pousse qui se consacre au développement de l’aquaponie. L’aventure a aussi commencé au Cameroun.

« Pendant qu’on élève les poissons, on se sert de leurs déjections pour cultiver les légumes. Nous avons fait des conteneurs aquaponie, qui sont commandés, notamment numériquement. Nous avons réussi à montrer que l’aquaponie fonctionne sur le continent africain. Elle avait déjà été utilisée dans l’Egypte ancienne, mais nous l’avons modernisée. Aujourd’hui, on n’utilise que 10% de l’eau qui est consommée par l’agriculture. On réduit les impacts en termes de CO2 parce qu’on cultive au plus près des consommateurs et enfin, on permet d’avoir plus de récoltes sur 32 m², on permet de nourrir 4 familles durant toute l’année. C’est à peu près 12 fois plus que ce que vous feriez avec les processus agricoles actuels. Vous avez donc à la fois les légumes et les poissons. »

« Save our Africulture », qui a déjà réalisé, hors du Cameroun, des expériences d’aquaponie au Rwanda et au Sénégal, participe au salon international de l’agriculture de Paris, afin de trouver des partenaires qui puissent lui permettre de se déployer dans plusieurs pays africains.