À Madagascar, l’épidémie n’a pas encore frappé de plein fouet l’île : 17 cas ont été recensés officiellement depuis vendredi 20 mars, selon le décompte officiel. Toutefois, les répercussions de la pandémie mondiale pèsent déjà sur l’économie du pays, très dépendante des importations.

Le secteur le plus affecté jusqu’à présent : le tourisme, qui enregistre désormais 100% d’annulation des clients internationaux. Et la fermeture totale des frontières depuis jeudi 19 mars pour un mois ne devrait pas améliorer la situation ces prochaines semaines.

La semaine passée, les représentants des industries malgaches ont à leur tour tiré appelé les autorités à l’aide. Certaines sont en rupture d’approvisionnement depuis plusieurs semaines. D’autres craignent la faillite suite aux mesures de confinement recommandées. Les industriels enjoignent l’État à faire un geste en urgence envers les entreprises pour éviter la faillite et les licenciements massifs. Un message visiblement entendu par le gouvernement.

Principal fournisseur : la Chine

À Madagascar, les industries de transformation tournent au ralenti depuis plusieurs semaines. Pour fonctionner, elles ont besoin de fournitures, d’intrants. Problème, leur fournisseur principal, c’est la Chine. Hassim Amiraly est le président du Syndicat des Industries de Madagascar.

« Pour le moment, il n’y a plus rien qui arrive en provenance de Chine, explique-t-il. Au niveau des zones franches (textile), il y a des industries qui sont déjà en train de mettre en place le chômage technique et c’est normal parce qu’ils produisent pour l’export à partir de matière première importée de Chine, donc forcément il y a des répercussions sur notre économie. »

Aussi, pour aider le secteur privé à résister au maximum à la baisse d’activité voire à la récession quasi inéluctable, Rivo Rakotondrasanjy, le président de l’Alliance pour l’industrialisation durable a soumis différentes proposition au gouvernement. « Nous sommes face à une situation d’urgence donc il s’agit surtout de préserver le tissu économique, explique-t-il. On demande à l’Etat de décaler le paiement de tout ce qui est dû au niveau fiscalité. C’est très important. C'est-à-dire qu’on fasse toutes les déclarations normalement mais qu’on reporte les décaissements au-delà de l’hiver. Au niveau de la trésorerie, c’est un très gros problème. Mais on n’est pas un pays comme la France qui peut mettre sur la table 100 ou 200 milliards d’euros. Donc il va falloir faire avec ce dont on dispose. Et ce dont on dispose, c’est alléger d’abord les charges qui ne sont pas prioritaires en termes de décaissement de trésorerie. »

Un appel entendu. Hier soir, à l’issue d’une rencontre interministérielle avec les acteurs du secteur privé, des mesures ont été actées, explique Lantosoa Rakotomalala, la ministre de l’Industrie et du Commerce,  « on a déjà décidé au niveau des charges patronales et au niveau de la CNAPS et paiement des organismes de santé inter-entreprises, de reporter jusqu’à fin juillet les déclarations du premier trimestre. L’objectif étant de dégager de la trésorerie pour les entreprises afin qu’elles puissent garder un maximum d’employés payés au sein de leur entreprise. C’est valable pour toutes les entreprises. »

Des mesures applicables dès aujourd’hui, pour soutenir les entreprises locales, explique la ministre, à condition évidemment qu’elles soient en règle avec le fisc et la Caisse nationale de prévoyance de sociale.