Environ 700 entreprises françaises ou portées par des entrepreneurs français sont implantées en Côte d’Ivoire, dont 500 PME et TPE. Les grands groupes sont outillés pour faire face à la crise économique, mais les plus petites entreprises connaissent déjà des difficultés.

Arnaud Floris, représentant de BPI France pour l’Afrique de l’Ouest et centrale - un organisme public de financement chargé d’accompagner et de soutenir les entreprises - estime que l’impact de la crise économique en Côte d’Ivoire est moins important que dans d’autres régions du monde en raison d’un confinement moins strict.

S’il est trop tôt pour tirer un bilan définitif des conséquences sur l’économie de la crise sanitaire, il apparaît toutefois que tous les grands groupes français, comme leurs filiales en Côte d’Ivoire, sont assez solides pour faire face à la vague. « Je pense que les filiales d'entreprises françaises souffrent a priori moins, ont une capacité de résilience plus forte qui est liée à leur niveau de fonds propres, a priori plus élevés. Après, il faut bien évidemment voir au cas par cas. Donc, le groupe qui semble être le plus fragile est le groupe composé des TPE et des PME de droit ivoirien porté par des entrepreneurs français », analyse-t-il.

Des petites entreprises - surtout dans le secteur du tourisme, de la restauration des services qui, selon lui, risquent d’être mises en difficulté par des défauts de paiement. « À l'échelle du système financier et du système bancaire, je pense que le plus gros risque c'est une baisse d'une capacité de remboursement des emprunteurs, qu'ils soient individus ou entreprises, et c'est la raison pour laquelle, l'État ivoirien a très vite mis en place des mesures de soutien à l’économie », déclare Arnaud Floris.

Des mesures pour soutenir l'économie

Entre autres mesures : report du paiement des taxes forfaitaires pour les petits commerçants et les artisans, mise en place d’un fonds de soutien au secteur privé, avec un mécanisme de garantie pour les établissements bancaires. Contacté par téléphone, le directeur général de la Société générale en Côte d’Ivoire, Aymeric Villebrun, constate en effet des demandes de reports d’échéance concernant les crédits de ses clients, et un ralentissement de l’activité commerciale

« On a une production de crédit notamment pour les crédits à la consommation qui est en forte baisse. les gens sont confinés chez eux et remettent à plus tard leurs projets. Une baisse de la production de crédit, mais les stocks de crédits restent relativement stables, alors qu'ils étaient forte progression avant la crise. »

Mr Villebrun reste toutefois confiant sur la capacité de rebond de l’économie ivoirienne, une fois la crise passée, la reprise sera rapide, pense-t-il. Une inconnue importante : combien de travailleurs dans la région vont perdre leur emploi ? Selon la plateforme nationale des organisations professionnelles, 20 000 travailleurs connaissent le chômage technique en Côte d’Ivoire, et 200 000 ont déjà été licenciés pour motif économique.