L'espace sert à mieux gérer le développement humain et la préservation des ressources naturelles. C'est la conviction de l'AGEOS, l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales qui fêtera ses dix ans cette année. L’AGEOS travaille sur des données fournies par des satellites étrangers, dans le domaine de la surveillance des forêts et du littoral principalement.

Si le Gabon est dans le bassin du Congo l’un des pays qui surveille le mieux son environnement, il le doit sans doute à son agence spatiale l’AGEOS, qui dispose depuis 2010 d’une antenne de réception satellitaire à Nkok, près de Libreville.

« L’antenne qui est placée à l’AGEOS, a l’énorme avantage d’être une antenne assez innovante, explique Tanguy Gahouma est le directeur général de l’Ageos. Donc, elle bénéficie des toutes dernières technologies en matière de réception des données d’images par satellite, et elle a un champ de réception qui couvre 2 800 kilomètres. Donc, on couvre toutes les forêts d’Afrique centrale et aussi quasiment 60 % des forêts d’Afrique de l’Ouest ».

Soutenue notamment par la France et le Brésil, l’AGEOS est un instrument de coopération régionale. Elle offre des cartes de suivi forestier à ses voisins. Si l’Ageos n’a pas vocation commerciale, elle peut cependant offrir des services payants.

« Le président de la République a demandé que notre agence serve la sous-région. Donc, l’agence n’a pas un caractère commercial à proprement parler. Bien évidemment lorsqu’il s’agit de produits à valeur ajoutée. Si par exemple un pays veut une image en haute résolution de sa capitale pour faire du cadastre, là cela peut devenir un produit payant », précise Tanguy Gahouma.

L’antenne de réception de l’AGEOS a permis au Gabon d’acquérir un savoir-faire. Au point de doter le pays d’ingénieurs et de scientifiques de haut-niveau.

« Avant 2010, avant qu’on ne crée l’AGEOS, il n’y avait pas de vocation spatiale au Gabon, donc il n’y avait pas de métier et pas d’expertise là-dedans. Donc, nous avons dû monter en compétence en même temps sur les équipements et les ressources humaines. On a commencé sur des profils plutôt simples d’ingénieurs, pour pouvoir opérer les équipements. Donc, nous avons envoyé des ingénieurs chez les opérateurs qui ont fabriqué l’antenne de réception pour pouvoir acquérir leur technologie. En même temps, nous avons envoyé des gens de niveau master acquérir de nouvelles connaissances. Tous les deux ans, environ une dizaine de personnes. Nous avons aussi des programmes de partenariats dans le domaine de renforcement de capacités avec par exemple la NASA où l’année dernière nous avons envoyé deux personnes d’AGEOS et deux doctorants », souligne Tanguy Gahouma.

L’agence gabonaise bâtie autour d’un segment très particulier, celui de la réception et du traitement d’images satellites, illustre bien les bénéfices qu’un pays à revenu intermédiaire peut tirer du domaine spatial. Pas besoin d'avoir ses propres fusées, ni même des moyens considérables pour être à la pointe de la technologie.