Le Burkina Faso est connu pour son festival panafricain de cinéma, le Fespaco, et aussi pour son industrie cinématographique florissante. Or, la pandémie de coronavirus Covid--19 a mis à l’arrêt cette industrie que l’État tente de soutenir.

Entre les Burkinabè et le cinéma, l’histoire d’amour remonte aux années 1960, la capitale compte de nombreuses salles. Rodrigue Rakis Kaboré, producteur et réalisateur, est aussi exploitant du cinéma Neerwaya. Il a dû fermer mi-mars pour cause de pandémie. « On a une perte d’exploitation, chaque semaine, de cinq à sept millions de francs CFA pour chaque film que nous projetons. Sans oublier les à-côtés, c’est-à-dire, les locations, les évènements que nous organisons, les concerts et les spectacles pour enfants qui étaient prévus. Tout cela est fini », regrette-t-il.

À la fermeture des salles, s’ajoute l’arrêt des productions en cours. Rodrigue Rakis Kaboré le souligne, c’est toute la chaîne du film qu’il faudra soutenir. « Il n’y aura pas que les exploitants de salle à accompagner, il y aura aussi les distributeurs, les réalisateurs, les producteurs. Des distributeurs avaient déjà fait la promotion de films, certains étaient déjà arrivés dans les cinémas. Tout cela a été arrêté du jour au lendemain. Évidemment, cela a causé un désagrément à toute la chaîne cinématographique », soutient-il.

Une aide de plus d’un milliard de francs CFA pour les professionnels de la culture

Conscient du problème, Abdoul Karim Sango, le ministre de la Culture, a obtenu un milliard vingt-cinq millions de francs CFA, pour tous les artistes et les acteurs culturels, quel que soit leur domaine. « Personne n’est oublié. Par exemple pour l’industrie cinématographie, les réalisateurs qui avaient programmé des tournages et engagé des dépenses, nous essayons de voir comment leur apporter une subvention pour compenser le manque à gagner et les pertes », déclare le ministre.

L’un des problèmes du monde culturel est d’en identifier tous les professionnels. Le comédien de théâtre et metteur en scène Etienne Minoungou plaide pour un mécanisme de recensement qui permettrait de mieux savoir qui aider.

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« Il y a sans doute des banques de données, par-ci, par-là, au Fonds de développement culturel et touristique, au Bureau burkinabè des droits d’auteurs, il y a les différentes fédérations, mais il n’y a pas un tableau de bord général au ministère de la Culture qui permettrait tout simplement d’avoir une visibilité très précise de l’écosystème des activités culturelles et touristiques dans notre pays », dit Etienne Minoungou. Puis d’ajouter : « C’est un problème, car quand surgit une situation comme celle-là où le président du Faso donne un milliard vingt-cinq millions pour relancer l’ensemble du secteur, quels sont les critères d’évaluations qui permet de déterminer qui et qui peut en bénéficier ».

Le cinéma est l’une des vitrines du Burkina Faso sur le plan international. Un secteur dont les retombées pèsent bien davantage que le poids de cette industrie dans la richesse nationale.