Dans le combat contre le nouveau coronavirus, l’Afrique explore aussi la technologie de l'impression 3D afin de se doter des fournitures médicales comme les masques, les visières et les respirateurs. Les initiatives se multiplient pour faire face à une éventuelle pénurie de ces équipements… Une pénurie qui ne s’est pas encore fait sentir par rapport à la progression officielle de la pandémie sur le continent.

Parmi ceux qui misent sur la technologie de l’impression 3D, il y a l’Association Energy Generation, une organisation panafricaine qui a pour objectifs de former des jeunes à l’entrepreneuriat dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’agriculture. Basée à Lomé au Togo depuis 2016 pour les pays francophones, l’association a ouvert un bureau en 2019 à Accra au Ghana à l’intention des ressortissants des pays anglophones.

Avec la pandémie du coronavirus, Energy Generation s’est donné un nouveau défi à relever, en développant sa plateforme Covid-19 3D Print. « On a fait une production pilote d’une cinquantaine de pièces et on est en mesure de produire beaucoup plus en fonction des besoins », déclare Astria Fataki, fondatrice de l’association.

« Une solution de deuxième ligne »

Coût de production pour les masques : entre 20 centimes et un euro l’unité. N’étant pas dans une démarche de faire des profits sur ce créneau, Energy Generation recherche des financements des partenaires publics et privés, afin de pouvoir distribuer gratuitement les équipements qui seront fabriqués aux hôpitaux.

Astria Fataki est catégorique : « Notre matériel n’a pas vocation à être une première réponse. C’est vraiment une solution de 2e ligne. Donc, aujourd’hui, Dieu merci, nous ne sommes pas dans cette situation dans les pays où nous nous trouvons, aussi bien au Togo qu’au Ghana. C’est vraiment un plan B dans le scénario où la situation devait empirer. »

Toutes les initiatives sont les bienvenues

Pour fabriquer les masques et les visières, la matière première est importée. « C’est du filament en matière plastique que nous utilisons pour faire l’impression 3D. Nous l’achetons en Europe », précise l’ingénieur Hadnane Ouro-Agbake. Un kilo de fil plastique importé de France au Togo coûte 20 euros et permet de produire 40 visières. Une dizaine de visières est en train d’être testée dans une clinique à Lomé.

Pour l’association Energy Generation, toutes les initiatives destinées à la lutte contre la progression de la pandémie sont les bienvenues. « On organise le week-end du 1er au 3 mai 2020 un hackathon en ligne qui a pour objectif de travailler de façon assez collaborative sur le développement de solutions 3D sur le continent africain. On a vu qu’ailleurs, l’impression 3D a permis d’apporter des réponses assez rapides et assez agiles à des situations de crise », déclare Astria Fataki.

Selon Astria Fataki, comme les solutions trouvées ailleurs ne peuvent pas être transposées à l’identique sur le continent, il faut un travail d’adaptation au contexte africain.