C’était il y a quatre ans jour pour jour, le 13 mars 2016, la station balnéaire de Grand-Bassam, près d’Abidjan, était la cible d’une attaque terroriste qui avait fait 19 morts et porté un coup dur à l’activité touristique. Aujourd’hui, les plages de Grand-Bassam continuent d’attirer et la Côte d’Ivoire continue de miser sur cette station, mais différemment.

Samedi, c’est jour de match pour des dizaines de jeunes Ivoiriens qui jouent au foot sur le sable, avant de plonger tête baissée sous les vagues. D’autres, plus aisés, boivent un verre dans les établissements de bord de mer. Comme Cynthia, Ivoirienne, et Youssef, Marocain, venus d’Abidjan pour le week-end : « Je suis venue profiter. Ici, on se sent bien, c'est tranquille ». Quatre ans après l'attaque, Cynthia n'y pense plus. « C'est passé. Après quatre ans, on n'a plus entendu des tirs, des troubles, et autres. Donc, on se sent mieux, on n'y pense plus, c'est du passé ». Son ami Youssef se sent en sécurité : « Je viens souvent ici pour profiter de très bons moments de la plage. Je suis en sécurité totale. »

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Aujourd’hui, le climat de psychose qui avait suivi l’attaque de Grand-Bassam a disparu. Mais pendant un an, la station n’a quasiment plus vu l’ombre d’un visiteur. Plusieurs établissements ont mis la clef sous la porte, d’autres sont toujours endettés.

Alassane Ouattara est propriétaire du Wharf, et président de l’Organisation des hôteliers et restaurateurs de Grand-Bassam. Lui et ses confrères ont dû s’adapter : « On commence à se relever tout doucement. Grand-Bassam, avant même la crise de la Côte d'Ivoire, disons, il y avait un taux de remplissage de 70 à 80%. Maintenant, on peut dire que le taux est autour de 45 à 50%. On fait beaucoup de séminaires, donc du tourisme d'affaires, des gens qui viennent pour aller travailler à Abidjan ». Du coup, se sont davantage des Ivoiriens que des internationaux ? « Tout à fait, mais le week-end, on a de plus en plus d'Européens ».

Les forces de sécurité sont visibles. Leur présence rassure certains, d’autres préfèrent aller un peu plus loin sur la côte, à Assinie. Pour autant, les autorités veulent faire revenir les touristes étrangers à Grand-Bassam, station balnéaire qui fut aussi la première capitale historique du pays.

Guy-Roger Assie, directeur régional du tourisme de Grand-Bassam, explique : « Il est prévu un grand parc de loisir à Grand-Bassam. On envisage la construction d'une bibliothèque de mémoires [consacrée à l'histoire de Grand-Bassam au sein de la Côte d'Ivoire, ndlr]. D'autres projets ? « La construction d'un complexe hôtelier de luxe, deux hôtels principalement. Il y a aussi une politique d'assainissement de la plage à Grand-Bassam, pour la rendre un peu plus agréable et capter un peu plus de touristes », nous confie Guy-Roger Assie.

Des projets censés être réalisés à l’horizon 2025, dans le cadre d’un vaste programme touristique national.

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