Si le Congo produit 600 mégawatts d'électricité, cette production demeure insuffisante pour les besoins nationaux et les coupures sont fréquentes. Ainsi, les activités des très petites entreprises sont souvent perturbées. Pour la société Énergie électrique du Congo (2EC), une partie du problème vient des branchements sauvages sur le réseau. Elle veut désormais identifier tous ses abonnés et leur imposer des compteurs.

À l’entrée du quartier Moukoundzi-Ngouaka dans le premier arrondissement, l’atelier de soudure de Maixent Mafouaga est à l’arrêt. Il connaît depuis des heures une coupure d’électricité. Les jeunes gens qui y travaillent se demandent si les coupures d’électricité qui perturbent leur quotidien prendront fin un jour. Depuis un moment, ils ne livrent plus les clients dans les délais.

« Quand l’intensité du courant ne répond pas, c’est difficile de respecter les délais. Par exemple un travail qui prend généralement dix jours, nous le livrons en quinze jours. Nous prenons une marge par rapport à la fourniture de l’électricité », explique Maixent Mafouaga, chef d’atelier.

À plusieurs centaines de mètres de cet atelier de soudure, sur l’avenue Matsoua, Constant Bimbeni tient un salon de coiffure qui tourne presque au ralenti.« Lorsque le courant fait défaut, nous travaillons manuellement et nous avons peu de clients dans les salons de coiffure. C’est un grand manque à gagner. On a du mal à payer le loyer du local... nous sommes locataires ici. »

Les longues coupures du courant qui surviennent chaque jour ou presque agacent Mermans Babounga, secrétaire exécutif de l’Observatoire congolais des droits des consommateurs. « On ne peut pas faire des provisions s’il n’y a pas d’électricité. Et, on ne prend même pas la peine de vous prévenir que tel jour nous allons délester tel quartier pour telle raison. »

Entre 1998 et 2017, le pays a investi énormément pour améliorer sa production en électricité. Mais, Mermans Babounga se demande où passe toute l’énergie produite. « On ne sent plus ces 600 mégawatts (capacité installée et reconnue officiellement, ndlr). Où sont-ils passés alors ».

Les coupures ne sont pas un fait exprès, elles sont bien justifiées, se défend Cyriac Abdon Mossongo-Moudzanga, directeur commercial de la société Énergie électrique du Congo (2EC). « Il s’avère que les pluies diluviennes que nous connaissons depuis un bon bout de temps ont causé d’énormes dégâts sur nos installations électriques. La deuxième raison est que la quasi-totalité des postes de distribution que nous avons à Brazzaville tout comme à Pointe-Noire (les deux principales agglomérations du Congo, ndlr) sont surchargés. »

Le fichier de la Société 2EC ne compte que 320 000 abonnés à travers tout le pays. L’entreprise dénonce la présence de nombreux consommateurs pirates qui seraient à l‘origine des surcharges constatées sur les branchements. Elle vient de lancer une opération d’identification et de pose compteurs pour améliorer la desserte.

Le Congo a besoin de construire davantage d’unités de production d’énergie, de nettoyer tout son réseau pour une fourniture responsable, analyse un économiste.