L’Afrique du Sud a diagnostiqué pour l’instant 13 cas confirmés de coronavirus. Le ministère de la Santé assure que toutes les mesures sanitaires sont en place. Reste que le virus met à mal l’économie sud-africaine déjà fragile et qui vient d’entrer en récession. On le sait, la Chine est le premier partenaire commercial de la nation arc-en-ciel. L'Afrique du Sud redoute l’ampleur de l’impact sur son économie, de l'épidémie du Covid-19.

Certains secteurs, comme la pêche, ont été balayés de plein fouet par la faible demande chinoise. Exemple symbolique, la pêche aux homards littéralement au point mort. Shamera Daniels de l’association FishSA : « Les prix sont divisés par deux comparé à l’an dernier. Nous étions à 40 dollars le kilo. En ce moment, le kilo coûte entre 10 et 20 dollars. »

L’industrie compte particulièrement sur ses exportations vers la Chine, centre de l’épidémie : « Ils représentent 95% de notre marché. Nous sommes complètement dépendants d’eux. Alors nous regardons ailleurs pour exporter, mais vous le savez bien, on ne trouve pas de nouveaux partenaires comme ça, si facilement. »

Shamera Daniels craint la perte de 17 millions d’euros et de centaines d’emplois à court terme. Pour l’économiste Bronwyn Williams, il est quasiment impossible d’aller chercher d’autres partenaires : « Le problème pour certains, c’est qu’il n’y a vraiment aucune alternative possible. La Chine est tellement importante pour nous que si elle annule 30% de nos exportations, personne d’autre n’est prêt à acheter. C’est un problème sérieux, mais nous n’avons pas d’autres partenaires capables de remplir ce vide. Une dépendance trop forte sur des économies émergentes comme la Chine nous rend vulnérables. Et nous ne sommes pas parés face à l’éventualité d’une baisse de leur demande. »

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La crise met d’autres pans de l’économie en péril. D’abord le tourisme comme partout, mais aussi les mines, avec la baisse des exportations de fer et de manganèse vers la Chine. L’autre inquiétude, c’est l’agriculture, secteur clé du pays et lui aussi fortement lié à la demande chinoise. Le président de la Chambre de commerce agricole, John Purchase explique : « On ne parle pas encore de déraillement de l’économie pour l’instant. Il n'y a pas de panique dans le secteur agricole. Nous exportons toujours et l’ensemble de nos exportations parviennent en Chine. Cependant, il y a un problème. Beaucoup de conteneurs réfrigérés que nous importons sont bloqués dans les ports chinois. »

Le retard dans la livraison de pièces détachées pourrait occasionner des dysfonctionnements dans beaucoup de secteurs, y compris celui de la téléphonie, où l’Afrique du Sud importe 85% de la marchandise depuis la Chine.

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