Afrique Économie

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RFI - Service Economie

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Economie, votre rendez-vous de l'Economie africaine sur RFI.  *** La chronique Afrique Economie diffusée le dimanche est remplacée par l'Afrique en marche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS.  http://savoirs.rfi.fr

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Afrique économie - Gabon: les restaurateurs en difficulté

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Au Gabon, le confinement de Libreville et ses environs produit des effets néfastes chez plusieurs PME. Beaucoup risquent de ne plus rouvrir lorsque le pays sera totalement déconfiné. Les bars et les restaurants, toujours fermés depuis plus de deux mois, ont leurs comptes au rouge. À leurs côtés, les transporteurs qui assurent la liaison entre la capitale et le reste du pays. Reportage.

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Afrique économie - Centrafrique: l’économie des villes de province fragilisée par la crise sanitaire

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Paoua est une ville du nord-ouest du pays. Proche des frontières camerounaises et tchadiennes, les populations habituellement se déplacent beaucoup dans cette zone. La région est aussi très agricole. L’épidémie de coronavirus bouleverse les habitudes et a des conséquences économiques dans la ville.

Sur le pas de sa petite pharmacie, Marcel guette les clients :

« La maladie a fait que l’économie est poussée outre. Même dans la ville il n’y a pas de clients et on ouvre quand même. »

Les frontières sont officiellement fermées. Si les convois de marchandises alimentent encore Bangui, il est devenu difficile pour les particuliers vivant du commerce de faire des aller-retours comme avant.

Sur le marché le prix du manioc a augmenté. La bassine est aujourd’hui à 3 000 francs contre 1 500 à 2 000 francs habituellement. Les femmes craignent d’aller au champs à cause de la présence des groupes armés. Mais ce n’est pas la seule raison, selon Marie, qui est relai communautaire et membre d’une organisation agricole :

« Le manioc à Paoua a un prix en hausse parce qu’il y a l’affaire de Covid-19 qui est là. Les femmes ont peur, la population a peur d’aller maintenant prélever le manioc pour aller mettre le manioc dans l’eau, pour aller récolter le manioc. On te dit "ne va pas. Si tu y vas, tu vas mourir". Il y a la peur qui est là. Ça fait que les denrées alimentaires sur le marché de Paoua sont en hausse.

- Du coup les mamans restent à la maison parce qu’elles écoutent les messages à la radio qui disent qu’il faut rester à la maison ?

Il faut rester à la maison, il faut bien se surveiller soi-même, surveiller tes enfants, s’il y a de la poussière il faut se laver les mains. Mais là, ils vont trouver les seaux avec de l’eau où ca dans les champs ? Ça fait qu’ils sont à la maison. Ça fait peur. »

La crise du coronavirus a des impacts directs sur les activités économiques mais aussi sur le travail des humanitaires. Les déplacements sont plus difficiles et les programmes sont ralentis regrette madame le maire, Bernadette Moye :

« Auparavant, l'OIM recrutait beaucoup de gens, il y avait beaucoup de travail. Oxfam aussi. La Minusca faisait des formations. Mais lorsque l’épidémie de coronavirus est arrivée toutes les activités ont été bloquées. Ceux qui vont au travail, ce sont les personnels permanents, mais il n’y a plus d’activité. »

Le milieu humanitaire assure faire de son mieux pour maintenir l’essentiel de ses activités. L’ouverture d’un pont humanitaire aérien a permis la livraison d’équipements et l’arrivée de personnels.

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Afrique économie - Afrique du Sud: le risque d'une explosion du chômage

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La crise économique suite à l’épidémie de coronavirus fait planer le spectre du chômage de masse dans différents pays du monde. Aux Etats-Unis, 25% de la population pourrait se retrouver sans emploi. La Chine, habituée au plein-emploi, devrait, elle aussi, y être confrontée. Le continent africain ne sera sans doute pas épargné, et en particulier le géant sud-africain, déjà mal en point avant la pandémie. Le pays a commencé l’année en entrant en récession et 29% de la population était déjà au chômage. Le président Cyril Ramaphosa a annoncé dimanche 24 mai, un nouvel allègement des mesures de confinement à partir du 1er juin. Mais les perspectives pour l’après-crise sont peu réjouissantes pour les travailleurs du pays.

Judith et son amie ont installé leurs chaises sur le trottoir du township d’Alexandra. Désœuvrées, elles attendent que le temps passe :

« On travaillait avant, mais plus maintenant. J’avais un petit boulot dans le recyclage, mais avec le confinement c’est fini. Donc, je reste là, toute la journée. »

Comme Judith, Sello n’a pas encore reçu de compensation du gouvernement. Depuis mars, son entreprise n’a plus de travaux d’installations électriques à lui donner, et il ne touche plus rien de son salaire de 500 euros. Il est venu faire la queue une nouvelle fois devant les bureau de la caisse d’allocation chômage :

« Á cause du coronavirus, beaucoup d’endroits ont fermé, donc je n’ai plus de contrats. Mais j’ai des enfants, j’ai des factures à payer ! Et quand on vient ici, avec les bons documents, pour récupérer des aides pour lesquelles notre entreprise a contribué, c’est impossible. Je ne sais même pas si je retrouverai mon travail ensuite, car on dépend d’autres entreprises, et de leurs besoins. »

Malgré des difficultés, la caisse d’allocations a jusqu’à présent versé près de 730 millions d’euros à plus de 2,5 millions de travailleurs. Le gouvernement a aussi mis en place des mesures pour soutenir les entreprises. Beaucoup pourront d’ailleurs reprendre leur activité à partir du 1er juin. Cette levée des restriction est primordiale pour Cos Coovadia, directeur de l’organisation patronale BUSA :

« Ce sont surtout les plus petites entreprises qui sont à risque, c’est pour ça qu’il est très important de relancer l’économie aussi vite que possible, sans bien sûr compromettre la santé des habitants. »

La crise fait aussi s’effondrer de grosses entreprises qui étaient déjà en difficulté, comme le géant de la distribution Edcon, ou la compagnie publique South African Airways. Pour l’économiste Kevin Lings, le pays aura du mal à se relever :

« La situation est désormais très inquiétante. La croissance pour cette année pourrait décliner de 9 à 10%. Cela signifie que nous allons observer un nouveau bond du taux de chômage. On estime que sur 12 mois, l’Afrique du Sud devrait perdre plus ou moins 2,1 millions d’emplois. Et on devrait assister à des faillites d’entreprises. Donc, une fois que l’on aura contrôlé l’épidémie, tous les efforts du gouvernement se porteront sûrement sur le redémarrage de la croissance économique du pays et la création d’emplois. »

Les agences de notations comme Standard&Poor’s ne sont pas beaucoup plus optimistes et s’inquiètent du poids que les mesures font peser sur la situation financière du pays.

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Afrique économie - Tchad: les marchés rouvrent après deux mois de fermeture

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Au Tchad, le gouvernement a décidé de rouvrir les marchés après deux mois de fermeture. Ce jeudi était synonyme de retour au marché des Champs de fil, spécialisés dans la vente des pièces détachées. Une occasion de se retrouver, mais aussi de faire les comptes.

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Afrique économie - Le business du foot africain à l'arrêt

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Le ballon ne tourne plus rond en Afrique où tous les championnats de football sont à l'arrêt à cause de la pandémie. Les clubs qui sont aussi des entreprises s'organisent pour survivre et attendent l'aide de la maison-mère, la FIFA.

Au Burkina Faso, les joueurs de football font grise mine. A l'exception d'une poignée de grands clubs, notamment dans la capitale, les autres ont en partie interrompu le versement des salaires. « Globalement les arriérés de salaires vont de trois à cinq mois et demi. Toutes les activités économiques tournent au ralenti, et cela a compliqué le financement des équipes », explique Sita Sangaré le président de la Fédération burkinabè de football.

Les sponsors, pour la plupart des entreprises privées, ont leurs propres difficultés, et ne peuvent plus voler au secours des équipes. A Abidjan, le grand club de l'Asec Mimosas a dû arrêter toutes ses activités génératrices de revenus. « On a arrêté les entraînements de l'équipe professionnelle, on a dû arrêter notre centre de formation. Au sein de notre complexe sportif nous avons un hôtel, donc nous avons dû le fermer. Ensuite, nous avons aussi des activités de sport-loisir qui accueillent des enfants d'Abidjan, donc a on dû arrêter. Nous avons également une radio, la première radio de sport de Côte d'Ivoire, dont les activités ont dû stopper puisqu'il n'y a plus de sport, ni en Côte d'Ivoire, ni à l'étranger », détaille Benoit You, le directeur général de l'Asec Mimosas.

Une période d'incertitude

L'Asec arrive cependant à payer ses joueurs depuis deux mois, car le modèle d'affaire du club repose sur les transferts de joueurs, notamment vers l'Europe, ce qui permet des revenus réguliers, mais cette année risque de s'avérer difficile. « La période de mai à août est une période importante pour nous pour que nos joueurs soient transférés. Et là, aujourd'hui, il n'y a pas de transferts envisageables, donc là c'est un gros point d'interrogation et une grosse inquiétude pour nous », poursuit Benoit You.

Les clubs ivoiriens peuvent aussi compter sur les droits de retransmission télévisés, notamment avec le groupe Canal Plus. « Les droits télé qui devaient être payés, l'ont intégralement été à chacun des quatorze clubs de première division. Ils ont tous encaissé la somme de 70 millions par club. Mais un club de ligue 1 en Côte d'Ivoire aujourd'hui, c'est un minimum de deux cent millions de francs CFA, autour de trois cent mille euros, de budget annuel. Donc vous voyez bien le "gap" entre ce que la ligue peut mettre à disposition grâce aux droits télé et ce qui reste à chercher par les clubs pour boucler leur budget », constate Sory Diabaté, le premier vice-président de la Fédération ivoirienne de football.

Une aide de la FIFA?

Reste que les clubs africains en sont réduits à attendre l'aide de la FIFA, la Fédération internationale. Elle a déjà décidé de débloquer plus rapidement la deuxième partie d'une subvention annuelle de 920 000 euros par fédération. Mais d'une part, certaines comme la Fédération ivoirienne attendent toujours le chèque et d'autre part l'argent doit servir en priorité aux frais de fonctionnement et non aux clubs. Pour les aider, la FIFA a promis de mettre en place un fond d'urgence dont on ne connait pas encore l'ampleur.