Afrique Économie

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RFI - Service Economie

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Economie, votre rendez-vous de l'Economie africaine sur RFI.  *** La chronique Afrique Economie diffusée le dimanche est remplacée par l'Afrique en marche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS.  http://savoirs.rfi.fr

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Afrique économie - Guinée: le casse-tête économique de l’application des mesures sanitaires

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La Guinée a enregistré jusqu’ici 16 cas de coronavirus. Jeudi 26 mars, le président de la République a décrété l’Etat d’urgence sanitaire en raison de l’épidémie. Les frontières sont fermées, de même que les écoles, les bars et les lieux de cultes. Les rassemblements de plus de 20 personnes sont interdits et le nombre de passagers par véhicule a été restreint.

Mais en cette fin de mois la foule se bouscule devant les banques. Difficile de faire respecter un confinement dans un pays où la grande majorité de la population vit au jour le jour et où l'essentiel des activités domestiques se font en pleine rue. Les commerçants redoutent les effets d’une crise sanitaire sur l’économie qui viendrait s’ajouter à ceux de la crise politique qui dure depuis maintenant six mois.

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Afrique économie - Gambie: la crise du coronavirus met le secteur du tourisme en détresse

AFR_ECO_27_03_GAMBIE_La_crise_du_coronavirus_met_le_secteur_du_3_26_2020-20.mp3

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Le secteur qui représente 20% du PIB et qui emploie directement plus de 30 000 personnes traverse sa deuxième crise cette saison. Faillite du voyagiste britannique Thomas Cook en septembre, puis désormais le coronavirus. La saison vient de se terminer avec un mois et demi d'avance. Les touristes ont fui la Gambie avant la fermeture de l'espace aérien décidé en début de semaine.

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Afrique économie - Afrique: les pays pétroliers dans la tourmente du coronavirus

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La crise mondiale enclenchée sur les marchés pétroliers par la pandémie va avoir des répercussions douloureuses pour les producteurs africains de pétrole. Avec un baril passé de 60 à 30 dollars en quelques mois, beaucoup se retrouvent face à une situation intenable.

Chercheur à L’iFRI et spécialiste de la géopolitique du pétrole, Benjamin Augé vient de consacrer une longue analyse aux répercussions de la pandémie sur les pays pétroliers africains. Et le tableau n’est pas réjouissant, la chute des cours du brut s’ajoute une baisse de la production dans certains pays depuis quelques années.

« C’est le cas de l’Algérie, de l’Angola, de la Guinée Équatoriale et du Gabon, jusqu’à l’année dernière. Les budgets des états qui sont basés sur le cours du baril sont donc impactés doublement, par une baisse du volume et par une baisse des prix. »

L’arrêt partiel des économies, chinoise et européenne, a fait chuter les ventes d’or noir sur le marché mondial. La concurrence est vive et seuls les plus rentables s’en sortent. Benjamin Augé

« Comme la Chine a énormément diminué sa consommation et que c’est le premier importateur de brut du monde, ceux qui en profitent le plus ce sont les pays du Golfe qui peuvent encore se permettre de proposer des prix extrêmement bas, parce que leurs coûts de production sont très faibles. Moins de cinq dollars, pour l’Arabie saoudite. Et les pays africains qui ont un coût de production plus élevé, se retrouvent devant un nombre de cargo plein, au large de leurs côtes dont ils ne savent quoi faire. Et c’est le cas du Nigeria actuellement qui n’arrive pas à écouler son pétrole déjà produit. »

En Afrique, la crise des cours du pétrole en 2014 avait engendré une série de discours sur la nécessité de diversifier les économies pétrolières. Mais pour Benjamin Augé, la prise de conscience n’a pas vraiment débouché sur des changements significatifs.

« Vous avez ce phénomène qui est que l’on parle beaucoup de diversification quand les prix du pétrole sont très bas, et c’est normal car il y a alors des problématiques budgétaires qui se mettent en place, et dès que le baril remonte (il ne faut pas oublier qu’il y a trois mois encore le baril était très largement à plus de 50 dollars), tous les discours et toutes les stratégies vouées à diversifier l’économie s’arrêtent. Ce qui fait qu’il n’y a pas de politique de long terme pour réellement diversifier les choses. Et quand il y en a une, comme c’est le cas au Gabon, ce n’est pas du tout de nature à compenser l’importance du secteur pétrolier. »

Résultats des pays comme le Gabon, la République du Congo, Le Nigeria, l’Angola et la Guinée Equatoriale vont se retrouver rapidement face à une crise de liquidités. Certains comme le Nigeria peu endetté, peuvent emprunter sur les marchés financiers, ce qui n’est pas le cas pour les autres, déjà sous perfusion du FMI. Le fonds qui devra trouver d’autres mécanismes pour éviter une crise générale dans ces pays.

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Afrique économie - Centrafrique: retour de l'imposition au PK5, un quartier de Bangui

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En Centrafrique, le ministre des Finances et du Budget s’est rendu le 3 mars dans le quartier du kilomètre 5 pour annoncer le retour des services des impôts dans le secteur du 3e arrondissement. Le PK5 est souvent décrit comme le poumon économique de la capitale. C’est dans ce quartier que se trouve la majorité des grands commerçants et où les impôts officiels n’étaient plus prélevés depuis plusieurs années.

Devant la mairie du PK5, le drapeau de la Centrafrique claque au vent. Pour le maire, monsieur Balla Dodo, le retour du prélèvement de l’impôt marque un retour de l’État dans le quartier qui a longtemps fait l’objet de graves violences.

« Cette année comme le calme commence à revenir, l’État veut que ça passe directement par les commerçants. C’est une bonne chose selon vous ? Oui bien sûr parce que cela fait presque quatre ans que l'on est en crise, et puis beaucoup de gens ne paient pas leurs impôts. C’est le retour de l’État de droit, le retour de l’autorité de l’État dans cet arrondissement et c’est une bonne chose. »

Pour se faire, tout est prévu…« On a même créé un bureau... Maintenant les gens qui ne peuvent pas aller jusqu’au centre-ville vont venir directement ici. On a créé un bureau secondaire des impôts dans la mairie. Il y aura un divisionnaire, un chef de service et des agents. Il y aura presque 20 personnes je crois. »

Un projet soutenu dans le quartier assure le président de l’association des commerçants du kilomètre 5 Djibril Youssouf.« Oui nous on pense que c’est une très bonne chose vous savez, c’est notre pays. Le kilomètre 5, c’est le poumon économique de notre pays la République centrafricaine. C’est un travail avec l’association des commerçants du kilomètre 5 et le ministère, on a beaucoup travaillé la dessus pendant une année. Pour moi c’est un appel auprès de nos commerçants de se mobiliser très fortement pour payer ses impôts, celui qui paye ses impôts bâtit son pays. »

Dans le quartier, Achille prépare une robe sur sa machine à coudre.« En fait c’est normal parce que nous devons être redevable à l’État ce qui peut nous permettre de contribuer au développement du pays. C’est très important. C’est normal parce que ça fait plus de cinq ans maintenant que nous avons des activités ici sans être redevables, ça fait partie des droits de l’État et si l’État nous demande de payer des impôts, nous devons le faire obligatoirement. »

Même réaction chez son voisin Abdoulaye, vendeur de tissu…« Ça ne me dérange pas c’est par an ça ne peut pas me déranger, je suis content je paie les impôts. Parce que l’impôt ça va aider l’État pour nous tous parce que ce sont les impôts qui arrangent le pays, l’hôpital, l’enseignement, c’est cet argent qui paie les fonctionnaires. Sans les impôts, le pays ne peut pas évoluer. »

Tous les commerçants ne sont pas aussi enthousiastes… Certains craignent le couplement des impôts, aux taxes douanières.

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Afrique économie - Madagascar: les conséquences économiques du Covid-19

AFR_ECO_24_03_MADAGASCAR_Consequences_economiques_du_Covid-19.mp3

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À Madagascar, l’épidémie n’a pas encore frappé de plein fouet l’île : 17 cas ont été recensés officiellement depuis vendredi 20 mars, selon le décompte officiel. Toutefois, les répercussions de la pandémie mondiale pèsent déjà sur l’économie du pays, très dépendante des importations.

Le secteur le plus affecté jusqu’à présent : le tourisme, qui enregistre désormais 100% d’annulation des clients internationaux. Et la fermeture totale des frontières depuis jeudi 19 mars pour un mois ne devrait pas améliorer la situation ces prochaines semaines.

La semaine passée, les représentants des industries malgaches ont à leur tour tiré appelé les autorités à l’aide. Certaines sont en rupture d’approvisionnement depuis plusieurs semaines. D’autres craignent la faillite suite aux mesures de confinement recommandées. Les industriels enjoignent l’État à faire un geste en urgence envers les entreprises pour éviter la faillite et les licenciements massifs. Un message visiblement entendu par le gouvernement.

Principal fournisseur : la Chine

À Madagascar, les industries de transformation tournent au ralenti depuis plusieurs semaines. Pour fonctionner, elles ont besoin de fournitures, d’intrants. Problème, leur fournisseur principal, c’est la Chine. Hassim Amiraly est le président du Syndicat des Industries de Madagascar.

« Pour le moment, il n’y a plus rien qui arrive en provenance de Chine, explique-t-il. Au niveau des zones franches (textile), il y a des industries qui sont déjà en train de mettre en place le chômage technique et c’est normal parce qu’ils produisent pour l’export à partir de matière première importée de Chine, donc forcément il y a des répercussions sur notre économie. »

Aussi, pour aider le secteur privé à résister au maximum à la baisse d’activité voire à la récession quasi inéluctable, Rivo Rakotondrasanjy, le président de l’Alliance pour l’industrialisation durable a soumis différentes proposition au gouvernement. « Nous sommes face à une situation d’urgence donc il s’agit surtout de préserver le tissu économique, explique-t-il. On demande à l’Etat de décaler le paiement de tout ce qui est dû au niveau fiscalité. C’est très important. C'est-à-dire qu’on fasse toutes les déclarations normalement mais qu’on reporte les décaissements au-delà de l’hiver. Au niveau de la trésorerie, c’est un très gros problème. Mais on n’est pas un pays comme la France qui peut mettre sur la table 100 ou 200 milliards d’euros. Donc il va falloir faire avec ce dont on dispose. Et ce dont on dispose, c’est alléger d’abord les charges qui ne sont pas prioritaires en termes de décaissement de trésorerie. »

Un appel entendu. Hier soir, à l’issue d’une rencontre interministérielle avec les acteurs du secteur privé, des mesures ont été actées, explique Lantosoa Rakotomalala, la ministre de l’Industrie et du Commerce,  « on a déjà décidé au niveau des charges patronales et au niveau de la CNAPS et paiement des organismes de santé inter-entreprises, de reporter jusqu’à fin juillet les déclarations du premier trimestre. L’objectif étant de dégager de la trésorerie pour les entreprises afin qu’elles puissent garder un maximum d’employés payés au sein de leur entreprise. C’est valable pour toutes les entreprises. »

Des mesures applicables dès aujourd’hui, pour soutenir les entreprises locales, explique la ministre, à condition évidemment qu’elles soient en règle avec le fisc et la Caisse nationale de prévoyance de sociale.